Passer de micro-entreprise à SARL ou SAS : le guide complet
Quand et comment quitter le régime micro pour créer une société ? Seuils, démarches, coûts, impact fiscal : tout ce qu'il faut savoir avant de basculer.
Vous avez lancé votre activité en micro-entreprise. C’était simple, rapide, idéal pour démarrer. Mais votre chiffre d’affaires augmente, vous voulez vous associer, vous protéger ou optimiser votre fiscalité. Le régime micro montre ses limites. Il est temps de passer en société — mais laquelle, et comment ?
Les signaux qui montrent qu’il est temps de changer
1. Vous approchez des plafonds
Les seuils de la micro-entreprise en 2026 :
| Activité | Seuil micro |
|---|---|
| Vente de marchandises | 188 700 € |
| Prestations de services | 77 700 € |
Si vous dépassez ces seuils deux années consécutives, vous sortez automatiquement du régime micro. Autant anticiper plutôt que subir.
2. Vos charges réelles dépassent l’abattement
En micro, vous êtes imposé sur votre CA après un abattement forfaitaire (34 % pour les services, 71 % pour les ventes). Si vos charges réelles dépassent cet abattement, vous payez des impôts sur de l’argent que vous n’avez pas gagné.
Exemple : vous êtes consultant, CA de 60 000 €. L’abattement micro est de 34 %, soit 20 400 €. Mais vos charges réelles (local, déplacements, matériel, sous-traitance) s’élèvent à 25 000 €. En société, vous déduisez 25 000 €. En micro, vous n’en déduisez que 20 400 €. Vous payez des impôts sur 4 600 € de trop.
3. Vous voulez vous associer
La micro-entreprise est un régime individuel. Pas d’associé possible. Si vous voulez construire à plusieurs, il faut une société.
4. Vous voulez protéger votre patrimoine
En micro (EI), votre patrimoine personnel est engagé (sauf résidence principale). En SARL ou SAS, votre responsabilité est limitée à vos apports.
5. Vous voulez vous verser un salaire et optimiser
En société, vous pouvez arbitrer entre rémunération et dividendes pour optimiser votre fiscalité et vos charges sociales. En micro, vous n’avez pas cette souplesse.
Source : PropulseByCA — Passer de micro-entreprise à société
SARL ou SAS : le comparatif pour un ex-micro
| Critère | SARL (ou EURL seul) | SAS (ou SASU seul) |
|---|---|---|
| Dirigeant | Gérant | Président |
| Régime social du dirigeant | TNS (Travailleur Non Salarié) | Assimilé salarié |
| Charges sociales sur rémunération | ~45 % | ~65-80 % |
| Protection sociale | Correcte, moins complète | Identique à un salarié |
| Dividendes | Soumis à charges au-delà de 10 % du capital | Flat tax 30 % uniquement |
| Souplesse des statuts | Encadrée par la loi | Très libre |
| Cession de parts | Agrément obligatoire | Libre (sauf clause) |
| Coût de création | 200-500 € (+ honoraires éventuels) | 200-500 € (+ honoraires éventuels) |
| Comptabilité | Obligatoire, complète | Obligatoire, complète |
En résumé
- SARL/EURL : charges sociales plus faibles, idéal si vous voulez maximiser votre net disponible. Mais moins de souplesse.
- SAS/SASU : protection sociale de salarié, grande liberté statutaire, mais charges sociales plus élevées sur la rémunération.
Pour un comparatif complet de tous les statuts, consultez notre article sur le choix du statut juridique.
Source : Legalstart — SARL ou SAS : comment choisir
Les démarches concrètes
Étape 1 : choisir votre forme juridique
C’est la décision la plus structurante. Prenez le temps de simuler avec votre expert-comptable l’impact fiscal et social des deux options sur votre situation personnelle.
Étape 2 : rédiger les statuts
Les statuts de la société définissent les règles de fonctionnement : objet social, capital, répartition des parts, modalités de décision. Pour une EURL/SASU, des statuts types suffisent souvent. Pour une SARL/SAS avec associés, faites-vous accompagner.
Étape 3 : déposer le capital social
Même 1 € suffit légalement. Mais un capital trop faible n’inspire pas confiance (banquier, fournisseurs). En pratique, 1 000 à 5 000 € est un minimum crédible pour une TPE.
Le dépôt se fait à la banque ou chez un notaire. Vous recevez une attestation de dépôt nécessaire pour l’immatriculation.
Étape 4 : immatriculer la société
Depuis 2023, tout passe par le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr). Vous y déposez :
- Les statuts signés
- L’attestation de dépôt du capital
- La déclaration de non-condamnation du dirigeant
- Le formulaire de création
Délai : 1 à 3 semaines pour obtenir votre numéro SIRET.
Étape 5 : fermer la micro-entreprise
Une fois la société immatriculée, vous déclarez la cessation de votre micro-entreprise sur le guichet unique. Attention à bien déclarer votre dernier CA micro et à payer les cotisations correspondantes.
Étape 6 : transférer l’activité
Prévenez vos clients, mettez à jour vos coordonnées bancaires, vos contrats, vos assurances. Si vous avez un bail commercial, vérifiez les conditions de transfert.
Source : L’Expert-Comptable — Passer de micro à SARL
Les coûts à prévoir
| Poste | Montant |
|---|---|
| Rédaction des statuts (en ligne) | 0 - 200 € |
| Rédaction des statuts (avocat/expert-comptable) | 500 - 1 500 € |
| Frais de greffe | ~70 € |
| Publication d’annonce légale | 150 - 250 € |
| Capital social | 1 000 - 5 000 € (recommandé) |
| Expert-comptable annuel | 1 500 - 4 000 € |
| Total première année | 3 000 - 7 000 € |
Le coût de l’expert-comptable est le poste le plus important. En micro, la comptabilité est simplifiée (livre de recettes). En société, elle est obligatoire et complète : bilan, compte de résultat, liasse fiscale. Un expert-comptable devient quasi indispensable.
Ce qui change au quotidien
La comptabilité
En micro, vous tenez un livre de recettes. En société, vous tenez une comptabilité en partie double : journal, grand-livre, balance, bilan. Chaque dépense doit être justifiée par une pièce comptable.
C’est un changement majeur. Vos factures fournisseurs ne sont plus un simple relevé — elles deviennent des pièces comptables qui alimentent vos comptes de charges, votre TVA déductible et votre bilan.
La TVA
En micro, vous étiez peut-être en franchise de TVA. En société, vous serez probablement assujetti. Vous devrez déclarer la TVA (CA3 ou CA12 selon votre régime) et gérer la TVA déductible sur vos achats.
La facturation
Vos factures doivent désormais porter les mentions de votre société (SARL/SAS, capital social, RCS, TVA intracommunautaire). Pour le détail, consultez notre guide sur les mentions obligatoires.
Les obligations déclaratives
Déclaration de résultats, liasse fiscale, déclarations sociales du dirigeant, PV d’assemblée générale annuelle. C’est plus lourd qu’en micro — mais c’est le prix de la protection et de l’optimisation.
Source : Adie — Quitter le statut d’auto-entrepreneur
Aquila et votre passage en société
Quand vous passez en société, la gestion de vos factures fournisseurs change de dimension. Chaque facture devient une pièce comptable à part entière. Aquila vous facilite cette transition.
Centralisation dès le jour 1 : importez toutes vos factures fournisseurs dans Aquila, par email ou par glisser-déposer. Fini les pièces éparpillées.
Extraction automatique de la TVA : en société, la TVA déductible compte. Aquila extrait le montant HT, la TVA et le taux de chaque facture. Votre déclaration de TVA est alimentée par des données fiables.
Export pour votre nouveau comptable : votre expert-comptable reçoit un fichier propre et structuré. Pas de vrac, pas de ressaisie, pas de stress trimestriel.
Préparation du bilan : vos charges fournisseurs sont documentées, classées, prêtes. Votre comptable peut préparer votre bilan annuel sans vous relancer pour les pièces manquantes.
Sources
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